Et cette affaire de Traité Européen en est une puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'un texte qui confirme une tendance très lourde quant à l'avenir des Européens. Une tendance inspirée des conceptions libérales de l'économie et qui en quelque sorte accorde à l'économique un pouvoir supérieur au pouvoir populaire. Et comme dans cette pratique libérale de l'économie, il s'agit de garantir leur liberté aussi bien au renard qu'aux poules, tous étant enfermés dans le poulailler, on voit bien qu'il s'agit là d'un habile discours tendant à justifier l'injustifiable, à savoir permettre aux plus performants de plumer les moins performants, que l'on occupe aussi à se manger entre eux ! [1]

C'est parce que cette subordination de notre société démocratique à l'économie et au pouvoir de la finance mondialisée qui l'infiltre continuellement est tout sauf incontestable [2] du point de vue de l'intérêt général démocratiquement conçu qu'il convient que les citoyens aient voix au chapitre afin qu'au terme d'un DÉBAT CONTRADICTOIRE exigent et intransigeant, où ils seront (IN)FORMÉS, ils puissent en connaissance de cause décider soit de s'effacer devant les intérêts de l'élite et de ceux qui ont l'espoir d'en faire partie un jour ; ou si au contraire ils souhaitent remettre la construction européenne sur les rails de la démocratie, seule apte à permettre un libre choix de société par chacun en lieu et place de la servitude volontaire qui semble constituer l'horizon auquel nous destinent nos dirigeants.

Naturellement, tout citoyen soucieux de démocratie refusera de se voir ainsi réduit à l'état de faire-valoir abusé et privé de toute capacité de se prononcer sur son avenir, a fortiori dans les moments politiques déterminants, de ceux qui façonnent l'histoire pour les décennies à venir. Et nous y sommes...

Autrement dit, la dignité de citoyen réclame de tout un chacun qu'il s'emploie à obtenir des représentants du peuple qu'ils ne se substituent pas au peuple pour approuver un traité sans avoir reçu aucun mandat précis allant dans ce sens.

1] L’histoire des deux petites souris qui se disputent un fromage. Renard qui passe par hasard offre courtoisement ses bons offices. Pour faire la paix, il propose de partager le fromage en deux parts égales. Oh oui, oh oui, s’écrient les deux petites souris. Et Renard, avec bonté, partage le fromage en deux parts égales. Et les deux petites souris s’apprêtent à se régaler. Mais, oh, dit une souris, ce n’est pas juste, ma part est plus petite ! Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui, en effet ! Et croc, il croque afin de faire deux parts égales. Mais, oh, dit l’autre souris, ce n’est pas juste, maintenant c’est ma part qui est plus petite. Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui, en effet ! Et croc, il croque afin de faire deux parts égales. Mais, oh, dit la première souris, ça ne va pas, maintenant c’est ma part qui est plus petite ! Ah, bon, voyons ça, dit Renard, eh oui en effet et croc, il croque…
Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus que deux petites miettes pour chacune des deux souris. Et que Renard en souriant s’endorme le ventre plein.
[ Lu dans le Là-bas Hebdo n° 27 du 16 décembre 2007 ]

2] Bien que ce changement nous soit régulièrement présenté comme la conséquence de la modernité, comprenons du "monde qui change autour de nous". Ainsi le monde qui change autour de nous constituerait un argument décisif, qui échaperait au champ du politique et donc clorait le débat ! Sous peine de passer pour sot et ringard.

Pétitions en cours pour exiger un référendum :

Appel du Comité National pour un Référendum ( près de 50 000 signatures )

Pétition à l’initiative du Comité Valmy