Et s'ils font partie du groupe des grands opérateurs financiers, alimentant ces croyances pour tenter de se dégager à toute vitesse de leurs placements, investissements et autres titres américains (ou liés au marché US), ils ont raison de l'être... puisqu'ils trouvent encore des acheteurs crédules pour les croire. Pour ces derniers, la chute n'en sera que plus sévère.

Pour les autres, qui suivent l'évolution de la réalité de l'économie US (et non pas ce qu'on raconte à son propos), ils auront identifié nombre d'indices qui indiquent cette entrée en récession :

. un PNB dont la croissance est tombée à 1,3% au 1° trimestre ; or, sous 2%, la croissance américaine n'est plus suffisante pour maintenir l'emploi et encore moins la consommation.

. des consommateurs qui confirment leur insolvabilité croissante; et qui malgré leur endettement toujours plus grand ont désormais ralenti fortement leurs dépenses.

. un secteur immobilier qui continue à s'effondrer : avec - 4,9% du nombre de promesses de vente, cet indicateur de la tendance à venir dans l'immobilier US, enregistre son plus mauvais score depuis 4 ans.

. une crise des prêts à risque (subprime) qui continue à saper l'ensemble du crédit US en s'étendant aux autres secteurs et en générant une contraction du crédit aux consommateurs

. des ventes automobiles en chute libre (- 7,6% en Avril) y compris pour les constructeurs japonais... or qu'est-ce que la consommation US sans l'automobile ou l'immobilier? En fait pratiquement rien!

Mais tout cela, qui a été anticipé précisément dans le GlobalEurope Anticipation Bulletin (GEAB, sur abonnement) ces derniers mois, n'est certainement rien. En effet, la reprise est forcément pour bientôt puisque, comme l'affirme la Réserve fédérale US (qui a tenté de masquer les problèmes le plus longtemps possible au cours de ces douze derniers mois), et avec elle les grands médias financiers, l'investissement des entreprises va prendre la relève de la consommation des ménages.

Que ceux qui ont cru que le fond de la crise immobilière était atteint chaque fois que ces mêmes experts et décideurs l'annonçaient depuis l'Automne 2006, croient à nouveau à la théorie de la reprise US par l'investissement des entreprises.

Les autres, avec LEAP/E2020, s'intéressent sur ce sujet aux évolutions réelles de l'économie US. Et outre les indices déjà cités, ils constatent notamment que les résultats trimestriels des sociétés US sont désormais tombés en moyenne sous la barre d'une progression à deux chiffres pour la 1° fois depuis 4 ans. Et que ce sont les secteurs en aval, proches des consommateurs, qui font des scores particulièrement mauvais (automobile, électroménager, ..).