Le Venezuela d'Hugo Chavez claque la porte du FMI et de la Banque mondiale, augmente le salaire minimum de 20% et veut réduire le temps de travail à 6 h par jour d'ici 2010
Par P B le mardi 1 mai 2007, 08:25 - Lien permanent
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 01.05.07 | 08h00 • Mis à jour le 01.05.07 | 08h04
Dans une allocution prononcée lundi, à la veille de la fête du travail, Hugo Chavez a annoncé qu'il souhaitait que le Venezuela quitte la Banque mondiale et le FMI. Il compte créer une institution bancaire régionale, financée par les revenus que le Venezuela tire de ses hydrocarbures, qui se substituerait aux deux institutions responsables, selon lui, de la pauvreté en Amérique du sud. La veille, déjà, le président vénézuélien avait affirmé devant les représentants des pays alliés du Venezuela que l'Amérique latine irait mieux sans la Banque mondiale et le FMI.
"Il vaut mieux que nous sortions avant qu'on nous ait pillés. Pourquoi ? Parce que [ces institutions] sont en crise" soutient, lundi, Chavez, qui dit avoir "lu dans la presse que le FMI ne pouvait pas payer les salaires". "Ici, c'est le FMI qui commandait, ce mécanisme aux mains de l'impérialisme nord-américain (...) afin d'imposer [au Venezuela] des politiques économiques et sociales brutales".
"NOUS AVONS QUELQUES DOLLARS LÀ-BAS"
Chavez, qui dirige le pays depuis 1999, annonce ce retrait quelques semaines après que le Venezuela a remboursé ses dernières dettes auprès de la Banque mondiale. Il a d'ailleurs dit qu'il allait demander aux institutions de Washington "de rendre ce qui nous appartient" : "Nous avons quelques dollars là-bas", a-t-il lancé.
Chavez a par ailleurs annoncé une augmentation de 20% du salaire minimum à 615 000 bolivares (210 euros), et une réduction, d'ici 2010, à 6 heures quotidiennes de la durée légale du travail. Des mesures qui paraissent irréalistes dans un pays dont l'économie est paralysée par une inflation de 12 % par an. "Les travailleurs vénézuéliens méritent le meilleur du meilleur", rétorque Chavez.
Chavez menace de quitter l'Organisation des Etats américains
Chavez menace également de retirer son pays de l'Organisation des Etats américains (OEA) si cet organisme venait à le condamner pour le non renouvellement de la licence de la télévision privée Radio Caracas Television (RCTV), à qui Chavez reproche d'avoir été impliquée dans le coup d'Etat qui l'avait délogé du pouvoir pendant deux jours en 2002. "Ces organismes ne sont pas légitimes. Seuls des gouvernements comme les nôtres peuvent dénoncer de tels abus", a-t-il affirmé.
"Si l'OEA, après tout ce qui s'est passé ici, en vient à condamner le Venezuela, celui-ci se retirera de cette organisation", a déclaré Hugo Chavez. (AFP)



Commentaires
Voilà un acte courageux !
Voilà un acte courageux qui est un acte minimal d'existence quand on pense que la journée de 6h00 maximum était inscrite au règlement de l'Hôpital édicté par Isabelle la Catholique pour les Nouvelles Indes, avec pour objectif de limiter la mortalité des
Indiens méso-américains pour pouvoir les évangéliser !
Ensuite, c'est un acte intelligent dans la mesure où
il va obliger les experts du FMI à réfléchir, en se déportant de leurs axes de préjugés monétaires,
de leurs potions budgétaires, à une ligne de conduite entérinant la Banque des pays du Sud comme compétitrice loyale, ou à la saborder par
une guerre sans merci sur toutes les places financières jusqu'au moindre des supermarchés,
par une politique de dumping renouvelée...
Guerres des états "anti-terroristes" contre leurs propres populations, et "malbouffe" pour tout
salaire, pour solde de tout compte, voilà la nature
des régulations que cache le "sourire" rassérénant
du prochain Oncle Sam ("When you smile" de Jim)
(Morrisson/The Doors, 1967, s'agissant de "Tricky"
"Nix").
Les conséquences pour les Européens seront lisibles en termes d'investissements productifs dont les USA ont un besoin impératif sur leur sol
(185 milliards de dollars par an provenant de l'étranger) et des ajustements des pays entrants aux critères dictés par le F.M.I.
Pourra-t-il y avoir bi-polarité ?
Les pays qui l'éliront verront-ils leur sol transformé
en champ de bataille, entre des prèts consentis
par la Banque européenne à la Banque du Sud, sanctionnés par des embargos commerciaux par le FMI ?
Ce serait une mise à l'épreuve des indéboulonnables et indécrottables institutions économiques et financières européennes, dont les rouages grinçants font le lit des majorités de Droite
au Parlement européen.
En somme, une très bonne nouvelle surprise, en
forme de renvoi d'ascenseur posthume de la vie
sauve de Miranda.
i A ver, a ver, cono, como los gringos nos van a
tropiezar, vale !
KLétaGR