1/ Je me fais ici le porte-parole des exclus de la France en relayant une question que d'aucuns aimeraient formuler auprès des insiders : "A votre avis, mesdames, messieurs, est-il plus ou moins intolérable à un pauvre d'être pauvre parmi les pauvres qu'un peu moins pauvre parmi les riches ?

2/ réponse à Annabelle

Le propre de la majorité des exclus est d'éprouver bcp de difficultés à entrer en contact avec les inclus, ce qui contribue à renforcer le sentiment d'exclusion ce qui rendra encore plus difficile ladite prise de contact. Et ainsi de suite.

Ceci n'est pas de la spéculation gratuite mais est tiré de mon vécu dont je sais ne pas détenir l'exclusivité. Le silence des "décramponnés" est assourdissant. L'épuisement physique et morale, la pudeur légitime et les difficultés à intervenir selon des formes audibles dans des débats d'idées souvent inaccessibles. Autant de raisons qui éclairent la fracture intellectuelle entre des insiders qui parlent à partir de leurs croyances tirées de leur vécu et des citoyens largués qui se sentent profondément ignorés et bafoués. Et cette fracture intellectuelle à mesure qu'elle se sédimente devient une fracture existencielle.

Il s'avère que bien que flirtant avec l'exclusion psycho-socio-économique, je parviens, en m'accrochant moralement, à garder le contact. Ainsi je puis (re)formuler la question : "A votre avis, mesdames, messieurs, est-il plus ou moins intolérable à un pauvre d'être pauvre parmi les pauvres qu'un peu moins pauvre parmi les riches ?"

source : http://www.alain-lambert-blog.org/index.php?2006/05/25/496-sortir-de-la-dette-ou-la-culture-de-la-performance&cos=1