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  <title>DesMotsCratie - politique</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Tue, 03 Jan 2012 03:22:35 +0000</pubDate>
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    <title>Jean Bricmont : recommencer à faire de la politique</title>
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    <pubDate>Tue, 27 May 2008 18:57:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>bricmont</category><category>gauche</category><category>politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;« Il faut sortir d’un discours purement moral pour (re)commencer à faire de la politique. Cela suppose une vaste mobilisation d’intellectuels qui chercheraient, comme l’a fait la droite lorsque celle-ci était faible, à proposer une série de mesures concrètes, à court et à moyen terme, plus ou moins réalistes, mais faites dans un esprit radical. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Propos recueillis par Pablo RODRIGUEZ pour Le Drapeau Rouge, mai-juin 2008&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cinq ans après les premières et gigantesques manifestations, un peu partout dans le monde, contre la guerre en Irak, nous ne comptons maintenant que quelques centaines de personnes qui s’entêtent encore à manifester contre ce crime. Comment expliquez-vous cette évolution ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est toujours très difficile d’expliquer des phénomènes sociaux. Nous n’avons pas de théories scientifiques sur ce genre de choses. Mon impression est que la disparition du « communisme » a coïncidé avec la disparition de toute gauche réelle, même de toute la gauche qui, à l’époque où le communisme existait, se réclamait d’un autre modèle que celui de l’URSS. Ainsi, tout combat réel pour la paix et tout combat anti-impérialiste ont également disparu, ainsi que toute perspective socialiste. Ne reste que l’exportation de la démocratie et des droits de l’homme à l’étranger, ce qui, durant la guerre froide, était précisément le but proclamé de la droite, et, sur le plan intérieur, une « lutte » contre un fascisme largement imaginaire et contre les discours politiquement incorrects (anti-féministes, racistes ou homophobes), luttes dont le caractère fantasmatique ne fait que renforcer la droite, parce que la plupart ges gens n’aiment ni les dangers imaginaires ni l’intimidation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y a-t-il une responsabilité spécifique de la gauche, de ses intellectuels ou de ses appareils politiques dans cette résignation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y en aurait une, si la gauche existait. Mais où est-elle ? La plupart du temps, ce qu’on appelle la gauche, disons sa branche institutionnelle, se propose de faire la même chose que la droite, parfois un peu moins brutalement : c’est-à-dire, sur le plan interne, libéraliser et, au niveau international, s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays et, en fait, suivre les Etats-Unis. Et pour ce qui est de la gauche dite &quot;radicale&quot;, elle se caractérise par un irréalisme extrême, une attitude quasi-religieuse, qui se traduit par des slogans, tels que &quot;un autre monde est possible&quot;, sans préciser lequel ni surtout comment le construire ou &quot;régulariser tous les sans papiers&quot; (c’est-à-dire, en pratique, abolir tout simplement les frontières) ) par opposition à des régularisations partielles, qu’il faut évidemment soutenir autant que possible. Lorsque la LCR annonce la création d’un « grand parti anticapitaliste » en France, un des principaux slogans dont elle couvre les murs est « régularisation de tous les sans papiers », slogan qui est peut-être moralement juste, caritatif, généreux, etc. mais dont on voit mal en quoi il est anticapitaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous constatons, par contre, que le Tibet suscite une mobilisation quasi- planétaire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, du moins dans les &quot;élites&quot; intellectuelles et médiatiques. Cela illustre à nouveau les inversions de priorités d’une bonne partie de la &quot;gauche&quot;. Nous ne contrôlons plus la Chine. Le temps des concessions et de la diplomatie de la canonnière est terminé. Rien de ce que nous faisons ne peut les forcer à changer leur politique au Tibet (mettons de côté la question de savoir si cette politique est bonne ou mauvaise). On ne va pas envoyer de troupes au Tibet (du moins, je l’espère) et on ne va pas bombarder la Chine, qui est un peu plus forte que la Serbie. La seule chose qui pourrait avoir un effet, à terme, c’est si nous convainquions les Chinois que nous n’avons plus de visées impérialistes sur cette région de monde. Or, toute l’agitation sur le Tibet donne exactement l’impression opposée, et ne fait en réalité que du tort à la &quot;cause tibétaine&quot;. Cette agitation (comme celle, précédente, sur la Birmanie) a uniquement pour effet de renforcer la bonne conscience de l’Occident (&quot;nous, au moins, nous respectons les droits de l’homme&quot;) et de nous permettre de ne pas trop nous préoccuper de choses dont nous sommes plus directement responsables, comme les problèmes écologiques, y compris la diversion de ressources alimentaires vers les biocarburants, l’Irak ou la Palestine. Au lieu de comprendre cela, et de s’opposer à ces discours, qui ne sont, au fond, qu’une forme d’exaltation nationaliste (où l’Occident a remplacé les Etats-nations d’antan) et dont la forme est vieille comme le monde (dénoncer avec grande indignation les crimes réels ou supposés des autres et ne pas trop parler des siens propres), le gros de la &quot;gauche&quot; actuelle ne fait qu’en &quot;rajouter&quot; en demandant aux gouvernements occidentaux d’intervenir plus encore dans les affaires intérieures chinoises, alors que la seule chose qui les retient, mais qui ne semble pas préoccuper cette &quot;gauche&quot;, c’est une forme de réalisme et de saine conscience des rapports de force.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle perspective voyez-vous dans les forces anti-guerre aux Etats Unis, au sein du pays agresseur ? Percevez-vous des nuances significatives à ce propos parmi les candidats présidentiels et en particulier entre Obama et Hillary Clinton ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une élection il faut distinguer trois choses : ce que souhaite l’électorat quand il vote pour X, ce que X souhaite faire et ce que X peut faire une fois élu, étant donnés les rapports de force. Si X = Obama (le seul cas intéressant), ceux qui le soutiennent veulent sans doute un changement net, tant sur le plan intérieur que sur le plan international. Certains de ses discours sont impressionnants (et même à gauche d’une bonne partie de la gauche européenne). Pour un politicien américain, alors que les autres voient souvent leurs conflits avec le reste du monde comme un conflit entre le Bien et le Mal, un peu comme notre &quot;gauche&quot; le fait avec la Chine, Obama est très peu manichéen. Ce qu’il souhaite faire, je n’en sais rien, mais on peut être sûr que ce n’est pas un espèce de Chavez caché, qui se révèlerait comme &quot;radical&quot; une fois élu. Finalement, que pourrait-il faire dans ce cas ? Un président n’est pas un dictateur et je ne vois absolument pas comment il pourrait, en ce qui concerne le Moyen-Orient par exemple, changer grand chose à la politique américaine de soutien systématique à Israël, tant le poids structurel (au Congrès, dans l’intelligentsia et les médias) des groupes de pression sionistes bloque tout changement. Et, sur le plan intérieur, il se heurtera aussi à la pression des lobbies industriels, à l’indépendance structurelle des marchés financiers (créée par les &quot;réformes&quot; faites depuis les années Clinton, si pas avant) et à la totale soumission des médias et des intellectuels aux dogmes néo-libéraux. La démocratie est une belle chose, à condition de ne pas se faire trop d’illusions sur ce que cela veut dire : oui, on peut vendre le Drapeau Rouge, et dire plus ou moins ce qu’on veut dans les cafés. Mais de là à croire que la population peut réellement peser en votant sur les décisions qui la concernent, il y a un pas qu’il vaut mieux ne pas franchir. Le principal problème que poserait l’élection d’Obama, c’est que les pro-Américains en Europe auraient ainsi une magnifique possibilité de se lancer dans une campagne d’apologie de l’Amérique, antiraciste, &quot;multiethnique&quot;, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’Europe officielle vient de clôturer, avec la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, la dynamique d’affrontements qu’elle avait suscitée, en 1992, en reconnaissant l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie. Pourtant, elle se présente partout comme l’instrument de la paix par excellence. Comment comprendre l’impunité de ces abus de langage ? Les mots politiques ont-ils encore un sens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne faut jamais opposer au pouvoir la cohérence de son propre discours, ou le fait qu’il ne respecte pas en pratique ses propres valeurs, mais considérer ces discours comme une mystification permanente et tenter de faire partager cette attitude. Ceci dit, pour le Kosovo, je pense qu’une bonne partie des dirigeants européens se rend compte qu’on leur a refilé une patate chaude, c’est-à-dire un état mafieux, qui sera un gouffre à milliards, lesquels iront alimenter divers trafics. Mais il leur est difficile de protester, parce qu’ils seraient attaqués par les &quot;défenseurs des droits de l’homme&quot; et aussi parce que ce qui se passe est la suite inévitable de la guerre de 1999 et que, comme l’ont dit Kouchner et Miliband, &quot;la politique extérieure de l’Union européenne est née dans les Balkans&quot; (1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Palestine, le Liban, les populations irakiennes plongent devant nos indifférences dans des souffrances indicibles. Pendant ce temps, nos gouvernements et nos médias axent leurs discours sur les propos du président iranien ou les frasques de tel ou tel politicien. Ne sommes-nous pas témoins de l’amorce d’un néo-totalitarisme médiatique capable de gérer sans limites les opinions publiques ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est du président iranien, il faut rappeler qu’il n’a pas appelé à la &quot;destruction d’Israël&quot; mais a simplement cité Khomeiny qui souhaitait que le &quot;régime qui occupe Al Qods (Jérusalem) s’efface de la page du temps&quot;(2), ce qui est nettement plus poétique et tout à fait en accord avec les &quot;valeurs occidentales&quot; qui prônent des &quot;changements de régime&quot; un peu partout dans le monde. Quand on leur pose la question (ce que bien peu de journalistes occidentaux osent faire), les Iraniens donnent comme exemple d’&quot;effacements de régime&quot; la chute de l’URSS et le renversement du Chah et de Saddam... De plus, que proposent-ils en ce qui concerne la Palestine ? Un référendum sur son statut, auquel participeraient tous les habitants actuels de cette région, mais aussi les Palestiniens chassés en 1948 et leurs descendants. Curieusement, cette proposition est ignorée par les adorateurs de la démocratie en Chine et de l’autodétermination des peuples au Tibet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est du &quot;néo-totalitarisme médiatique&quot;, je n’y crois pas ; tout d’abord, si j’y croyais, je ne passerais pas mon temps à écrire dans le Drapeau Rouge ou ailleurs. C’est vrai qu’il faut considérer en gros les médias comme des ennemis et pas des amis (avec néanmoins d’importantes exceptions parmi les journalistes), mais ils ne sont pas invincibles : Chavez a les médias contre lui, mais a gagné bon nombre d’élections. Le référendum constitutionnel de 2005 en France a été soutenu par les médias, mais a été rejeté par la population. L’idée que les médias sont invincibles, très répandue à gauche, permet d’entretenir le défaitisme structurel, combiné à des attentes eschatologiques (l’attente d’une catastrophe écologique globale, ou de nouvelles &quot;invasions barbares&quot;, venues du tiers-monde, ayant souvent remplacé le mythe de la révolution prolétarienne) qui sont à la fois le symptôme et la cause de notre impuissance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’avons-nous pas des initiatives urgentes à prendre pour contrecarrer cet état des choses et ne pas devoir nous résigner au règne de cette pax américana ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous ne pouvons évidemment pas contrer les guerres américaines à la place des citoyens américains (pas plus que nous ne pouvons résoudre le problème du Tibet). Mais nous pouvons cesser d’être alignés sur les Etats-Unis (et sur Israël). Le premier objectif d’une véritable gauche devrait être de rassembler toutes les forces qui s’opposent à cet alignement. Ces forces sont nombreuses, mais elles sont dispersées, à droite et à gauche, et sont moins bien organisées que les forces pro-américaines. Mais évidemment, il ne s’agit pas d’essayer de faire de l’Union européenne une nouvelle puissance à l’instar des États-Unis. Le monde n’a pas besoin d’une deuxième Amérique. Trop d’Européens qui désirent l’indépendance l’envisagent justement sous la forme de la création d’une deuxième Amérique, une autre super-puissance, surarmée, en posture d’hostilité constante face au reste du monde et, à terme, participant à la course aux armements face aux États-Unis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rôle possible et nécessaire de l’Europe est très différent. Il y a au moins trois choses que l’histoire du 20ème siècle a apprises, ou devrait avoir apprises, aux Européens : une guerre est plus facile à commencer qu’à terminer ; la notion de guerre préventive n’est pas acceptable ; la décolonisation a fait échapper la plus grande partie du monde à notre contrôle. Quoi que nous pensions de la Chine, de l’Inde, de la Russie, du monde musulman, de l’Afrique ou de l’Amérique Latine, le fait est que nous devons vivre avec le reste du monde et non contre lui. Cela doit nous amener à renforcer la diplomatie et la négociation, au lieu des menaces et des ultimatums.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, et c’est un autre combat dans lequel devrait s’investir la gauche, il faut cesser de suivre un modèle socio-économique (américain) dont le succès apparent dépend d’un surendettement chronique et est impossible à imiter, car lié au rôle dominant joué par le dollar. De plus, le coût humain en termes d’inégalités, d’incarcération, de gaspillage, de bas niveau de l’enseignement et d’insécurité sociale du &quot;modèle américain&quot; et de sa perpétuelle course aux armements ne peut pas être sous-estimé. Allant à l’encontre de ce modèle, il faut approfondir le &quot;modèle européen&quot; de bien-être social, qui donne la priorité non pas à notre &quot;compétitivité&quot;, en favorisant les profits, mais aux besoins de nos propres travailleurs, malades, retraités et enfants. Il faut fonder la cohésion sociale sur l’égalité et la sécurité d’existence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A terme, il faut reposer la question du &quot;socialisme du 21ème siècle&quot;, comme dirait Chavez. Mais sans chercher à l’imiter. La grande erreur du &quot;socialisme du 20ème siècle&quot;, du moins dans la gauche radicale, a été de confondre socialisme et développement accéléré de pays peu développés, comme l’URSS ou la Chine, puis de se disputer indéfiniment sur la question de savoir qui avait trahi quoi et qui il fallait &quot;soutenir&quot; dans des régions du monde sur lesquelles nous n’avions aucune influence. Il faut reposer la question de ce que pourrait être le socialisme dans des pays capitalistes développés comme les nôtres. Commencer par défendre l’indépendance de l’Europe par rapport aux Etats-Unis et à sauver ce qui peut encore l’être de notre modèle social serait un bon début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tout cela supposerait une révolution culturelle dans les mentalités de la &quot;gauche&quot;. Il faut cesser de mélanger utopies, même désirables (un monde sans frontières), et politique. Et il faut cesser de jouer sur la culpabilisation - en accusant gratuitement la droite d’être raciste, fasciste, sexiste etc. L’échec du &quot;socialisme scientifique&quot; a donné naissance à un nouveau socialisme utopique ; mais celui-ci est une impasse, indépendamment de l’échec de l’URSS. Cet échec n’a pas montré que Marx avait tort quand, dans L’Idéologie Allemande, il critiquait l’idéalisme et l’utopisme. Il faut sortir d’un discours purement moral pour (re)commencer à faire de la politique. Cela suppose une vaste mobilisation d’intellectuels qui chercheraient, comme l’a fait la droite lorsque celle-ci était faible, à proposer une série de mesures concrètes, à court et à moyen terme, plus ou moins réalistes, mais faites dans un esprit radical (&quot;socialiste&quot;). C’est seulement ainsi que la gauche pourra regagner de la crédibilité et reconstruire une forme d’hégémonie intellectuelle, comme celle qui a existé après-guerre. Vu l’état de confusion intellectuelle et de découragement qui règne actuellement, ce projet semble impossible ; mais, comme on disait en ‘68, exigeons l’impossible !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bricmont&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Jean Bricmont&lt;/a&gt; est professeur de physique théorique à l’Université catholique de Louvain. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont un Cahier de l’Herne consacré à Noam Chomsky.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Le Kosovo, une affaire européenne, par Bernard Kouchner et David Miliband, Le Monde, 6 septembre 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) Voir mohammadmossadegh.com pour une discussion de la traduction par un Iranien opposant au régime.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Coup de barre à gauche toute en Allemagne : Die Linke [ la Gauche ] devient incontournable !!!</title>
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    <pubDate>Mon, 25 Feb 2008 10:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>allemagne</category><category>election</category><category>gauche</category><category>politique</category>    
    <description>    &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.radiofrance.fr/play_aod.php?BR=8778&amp;BD=25022008&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Chronique&lt;/a&gt; de Bernard Guetta sur France Inter ce lundi 25 février &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Avec 10% d'intentions de vote au niveau national,  Die Linke [ La Gauche ] est devenu un parti à part entière et le paysage politique en Allemagne est modifié en profondeur&quot; [0'37&quot;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;Les quatre partis dominants le jeu jusqu'à présent devront désormais compter avec lui&quot;[0'50&quot;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&quot;La clé est entre les mains de Die Linke et cette réalité est si incontournable que Kurt Wei (?), la figure de proue de la sociale-démocratie, a laissé dire qu'il pourrait ne pas s'opposer à la constitution d'un gouvernement de gauche minoritaire soutenu de l'extérieur, sans coalition, par la gauche de la gauche&quot; [1'20&quot;] &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;embed type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; src=&quot;http://s155586657.onlinehome.fr/divers/intox/sons/dewplayer.swf?mp3=http://desmotscratie.net/public/8778_25022008_2008F8778S0056.mp3&amp;bgcolor=336699&amp;showtime=1&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://s155586657.onlinehome.fr/divers/intox/sons/dewplayer.swf?mp3=http://desmotscratie.net/public/8778_25022008_2008F8778S0056.mp3&amp;bgcolor=336699&amp;showtime=1&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Concevoir un monde nouveau commence par admettre la fin d'un autre</title>
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    <pubDate>Mon, 17 Dec 2007 20:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>changement</category><category>deuil</category><category>nouveaute</category><category>politique</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.gaucherepublicaine.org/,article,1840,,,,,_Concevoir-un-monde-nouveau-commence-par-admettre-la-fin-d-un-autre.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Respublica&lt;/a&gt; - Tout autour de nous, ils sont palpables, tangibles et multiples. Ce sont les signes que notre monde, celui de l'après guerre, s'en va définitivement. Nous sommes sortis depuis des années de l'ère gaulliste et des trente glorieuses, mais ses ressorts, ses usages, ses outils pour appréhender le monde, étaient toujours présents du fait même de l'héritage des générations. Beaucoup dans ce pays sont les petits-enfants de cette époque. Or, notre monde change à toute allure : la manière de traiter l'information et de l'échanger, la globalisation des échanges à l'échelle planétaire, tout nous propulse malgré nous dans un bouleversement qui nous dépasse et provoque en nous une sensation complexe, mélange d'angoisses, d'inquiétudes, de frustrations, de peurs, d'un sentiment de perte et de déracinement. Le futur n'est plus tant une source d'engouements et de stimulations, qu'une source d'inquiétudes... Il a perdu ce qu'il a été pendant des décennies : l'avenir prometteur.&lt;/p&gt;    Signe des temps, les vautours des êtres affaiblis et inquiets – les religions – se trouvent régaillardies et réaffirment le rôle de « liens », de « tranquillisants », de canalisateurs (et de catalyseurs... ) d'angoisses qu'elles chérissent tant. Se glisser dans les interstices d'un mur sain, c'est bien la nature du prêtre. Il n'est donc pas étonnant de les voir se renforcer, étendre leurs influences et pénétrer jusqu'aux organes du pouvoir sous l'entremise de leurs dévots (le cabinet de Christine Boutin et le recrutement de l'Opus Dei en sont une belle démonstration). Ce n'est d'ailleurs pas non plus un hasard si la nouvelle Europe réaffirme le rôle particulier des religions, si notre anglo-saxon de président va officiellement à la messe, et si les représentants des nations viennent de signer, ce jeudi 13 décembre 2007, le Traité de Lisbonne (comprendre le TCE-bis) dans un monastère. Tout fait sens.&lt;br /&gt;Autre signe des temps, l'inquiétude qui ébranle le PCF. Le parti qui marque de son empreinte tout le XXe siècle de l'histoire de France est au pleine crise existentielle. Les militants s'interrogent sur le devenir de leur parti, sur les biens-fondés d'une nouvelle forme de mouvement, sur ce que c'est que « l'identité communiste » (encore et toujours le sujet de l'identité... ). Même le mot « communiste » est sujet à débat ! S'en étonnera t-on, le congrès prévu en ce mois de décembre a été commué en une assemblée chargée de réfléchir à l'avenir du parti. Réunie les 8-9 décembre, elle a conclu sur l'intérêt d'étudier « toutes les hypothèses ». Là encore, tout un symbole qu'il faut prendre à la mesure de ce qui se joue : Le PCF a toujours été pendant des décennies un symbole, un point d'appui, pour ou contre lequel on pouvait marquer une position. C'est en regard de cette histoire, qui est aussi celle de la France, que la situation actuelle vécue par les militants communistes doit être évaluée. Là aussi, la situation du PCF est tout un symbole de cette époque de tuilage qui est la notre.&lt;br /&gt;&lt;h4&gt;Dans une époque de tuilage, le combat n'est pas tant  collectif qu'individuel&lt;/h4&gt;
Parce qu'il n'a pas de principe autre que l'enrichissement forcené, la voracité du capitaliste libéral le rend plastique et malléable. Ce n'est pas un hasard si son éthique de prédilection est celle du protestantisme : elle est la plus grégaire, la plus vulgaire, la plus compulsive de la peur, la plus portée sur la possession et l'accumulation compulsive. Parce que les valeurs de vie de l'éthique libérale anglo-saxonne sont distillées partout autour de nous à travers les média, elles sont autant de micro-bombes minant dans l'esprit de chaque individu-citoyen les valeurs du Pacte Républicain. Le Pacte Républicain est une éthique résolument différente, il se fonde sur une conscience de l'avenir commun, de la laïcité, des droits de l'Homme et de la paix dans la vie quotidienne des individus. Notre monde change sous ses assauts.&lt;br /&gt;Dans ce contexte, nous avons des défis collectifs à mener, mais à l'évidence nous sommes tous confrontés, en tant qu'individu isolé, à la disparition de ce que nous avons connu. Notre combat dans une époque de tuilage est d'abord un combat individuel : chacun de nous a à mener, en son for intérieur, le deuil de ce qu'il a connu, de ce qu'il pensait voir se poursuivre, de ce à quoi il est viscéralement attaché. Tant que l'on n'a pas fait ce deuil, l'esprit, la créativité, le désir de bâtir... rien n'est libre. Or, il faut être libre pour créer du neuf et accepter le neuf que d'autres proposent. D'ailleurs la pensée communiste ne se discute pas. Quand Lucien Sève explique qu'il ne pourrait rejoindre un parti qui ne serait pas communiste, c'est bien la preuve que l'on est en présence d'une affaire de deuil. Car comment pourrait-on imaginer que cet héritage tombe dans l'oubli, s'éteigne, disparaisse ? Absurde. Comment serait-il possible de réduire à rien un tel héritage, une telle histoire, ces luttes, ces ouvrages, ces aspirations ? Impossible. De fait, le questionnement de Lucien Sève et de beaucoup d'autres n'est donc pas tant « comment bâtir l'avenir ? » mais bien une manifestation de la peur d'avoir peut être à faire le deuil de ce qu'est aujourd'hui le PCF, et de tout ce qu'il symbolise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tous nous avons notre part de deuil à faire parce qu'une nouvelle forme d'agression éthique et culturelle, sociale et économique, nous oblige à vivre dans cette époque nouvelle. Sans cette étape, nous serons rivés à des outils pour penser le monde qui ne seront pas adéquats avec les réalités de cette nouvelle ère. Même nos modes d'actions et nos termes seront en décalage. Or, l'esprit ne se libère que lorsqu'il accepte la rupture et l'inéluctablilité du changement. &lt;br /&gt;Aujourd'hui nous devons nous rappeler que l'audace a été la marque des grands hommes de gauche : l'audace d'oser le bouleversement, l'audace des nouvelles formes de mouvement et des nouveaux apports idéologiques. Le travail de deuil libère le regard tourné vers le passé, pour le laisser enfin libre de voir l'avenir et regarder ce qui existe souvent déjà tout à coté : un livre que l'on n'a pas lu parce que non orthodoxe, un militant avec lequel on échangeait peu parce que d'un courant historiquement adverse, une manière de concevoir la lutte que l'on n'avait négligé jusque là parce qu'inhabituelle. Comprenons que nos aînés ont eu leurs rôles à jouer, que le notre est différent, mais qu'il n'en est pas moins noble.&lt;br /&gt;&lt;h4&gt;Le Pacte Républicain est offert aux militants de la gauche nouvelle&lt;/h4&gt;
Ouvrons les yeux : Nicolas Sarkozy détruit les fondements de la droite gaulliste et républicaine. Son éthique et sa culture, par lesquelles il conçoit son action politique, font dériver la droite vers un « économisme » délaissant les principes politiques fondateurs au profit d'un bilan comptable. 10 millards d'euros de contrat pour un ticket à l'Assemblée Nationale, c'est peu cher payé. Mouammar Kadhafi ne s'y trompe pas ; et son démenti sur d'éventuels échanges à propos des droits de l'Homme montre à quel point le plus puissant n'est pas celui qu'on croit. Engoncé dans sa culture consumériste et pécuniaire, le libéral Sarkozy se ridiculise et prouve qu'il n'a aucun sens de la Politique et des valeurs qui animent tout citoyen membre du Pacte Républicain.&lt;br /&gt;Entendons bien ! Ces principes fondateurs ne tombent pas du ciel ! Ils ne sont pas des révélations. Ils sont des constructions réelles maintes fois remaniées, testées, corrigées. La valeur du Pacte Républicain ne se mesure qu'à l'aune de la paix qu'il instaure, de l'entreprise de pacification des rapports humains qu'il produit, qu'à l'opportunité donnée à chacun de vivre sereinement son existence intime. Voilà les mesures concrètes et matérielles de la valeur du Pacte Républicain. &lt;br /&gt;Or la droite sous l'impulsion de l'émissaire des Etats-Unis abandonne ce terrain et glisse vers l'économisme froid, entraînant avec elle la direction du PS. Le champ est donc libre pour nous de revendiquer le Pacte Républicain, de l'habiter, de le travailler, de repenser « l'individu fait citoyen » ; en somme, d'ancrer éthiquement et culturellement ces pensées à gauche. Mais nous ne serons capable de mener à bien cette tache qu'à la seule condition d'accepter, chacun, en tant qu'individu, le changement d'époque qui est le notre, d'accepter le rôle qui est le nôtre. Alors notre projet politique commun ne fera aucun doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;par Évariste &lt;br /&gt;Pour réagir aux articles,&lt;br /&gt;écrire à &lt;a href=&quot;http://desmotscratie.net/post/2007/12/17/mailto:evariste@gaucherepublicaine.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Evariste&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
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    <title>L’enjeu des communautés virtuelles et des jeux vidéo Un camp de concentration mental sans larmes</title>
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    <pubDate>Mon, 10 Dec 2007 20:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
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    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.solidariteetprogres.org/spip/article.php3?id_article=3496&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Solidarité et progrés&lt;/a&gt; - Si l’on vous dit que la pire pollution de notre société est la pollution mentale, et que les plates-formes de socialisation, les jeux vidéo, les sports de masse et toute « l’industrie numérique du divertissement » fonctionnent comme une machine à abêtir, pour anéantir tout résistance à un nouveau fascisme et créer les conditions d’une servitude volontaire, beaucoup d’entre vous se diront : « il exagère ! Oui, c’est vrai, il y a un problème d’intoxication par l’image, mais les jeunes ont toujours leurs modes. Celle-là est-elle vraiment pire qu’une autre ? Au moins, à travers MySpace, Facebook (en français, Trombinoscope), Debo, Asmallworld (ce petit monde), Friendstar ou Netvibes, ils se parlent, ils communiquent, ils font connaissance, ils se socialisent. C’est mieux que la solitude. Et les jeux violents, n’est-ce pas une ’ catharsis ’ » ? N’est-ce pas l’occasion d’éliminer des aspects longtemps localisés dans le subconscient en les exprimant sous une forme virtuelle sans conséquences... ? N’est-ce pas notre monde, dans lequel nous sommes libérés des contraintes sociales injustes, l’espace où nous pouvons dire ce que réellement nous ressentons ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raisonner ainsi, c’est se situer soi-même dans un univers clos - celui-là même du jeu ou des « communautés » - comme si la société actuelle, la désintégration du système financier et monétaire international, la spéculation sur les produits alimentaires et les matières premières qui l’accompagnent, la banalisation de la pratique de la torture aux Etats-Unis, l’incapacité de l’économie actuelle d’assurer un futur aux jeunes et aux générations à naître, n’existaient pas. Cela revient à nier la réalité, à s’aveugler sur les conséquences d’un comportement autodestructeur.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Que ce comportement passe par les jeux vidéos violents est devenu une évidence après les massacres des lycées de Columbine (Colorado), d’Erfurt, en Allemagne, de Virginia Tech (Virginie) et maintenant du lycée de Jokela, en Finlande. Dans ce dernier cas, qui vient de se produire lorsque j’écris ces lignes, un jeune homme de 18 ans a tué six élèves, une infirmière et son proviseur, blessé plusieurs autres avant de finalement se suicider. Lecteur de Nietzsche, il a laissé un message révélateur de l’état d’esprit de ceux qui sont attachés à ces jeux extrêmes - lui-même pratiquait Counterstrike et jouait sur Battlefield 2 avant de passer à l’acte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecoutons-le : « Nous sommes un cancer sur cette planète et notre nombre doit être réduit. Je suis préparé à combattre et mourir pour ma cause. Moi, comme sélecteur naturel, je vais éliminer tous ceux qui ne me semblent pas aptes, les déchets de la race humaine et les échecs de la sélection naturelle. Ceci est ma guerre, la guerre d’un seul contre l’humanité, les gouvernements et les masses imbéciles de ce monde... L’humanité est surévaluée [il portait cette mention sur son tee-shirt]. Il est enfin temps de redonner priorité à la sélection naturelle et à la survie des plus aptes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le pire est qu’un groupe de soutien au tueur, les « sympathisants du tireur du lycée de Jokela », s’est constitué sur Facebook, avec déjà plus de quarante « amis » : « Nous sympathisons avec Pekka-Eric Auvinen, qui avait 18 ans, parce que ses croyances et ses actes ont été une réaction saine et honnête face aux horreurs de la société moderne ». Ainsi, le passage à l’acte suicidaire après la pratique de jeux vidéo violents se trouve promu sur une « plate-forme de socialisation ». La boucle est bouclée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sommes-nous loin de la France ? Non, puisque Romain Dupuy, qui a « buté » deux infirmières, sectionné la tête de l’une d’entre elles pour ensuite l’installer sur un téléviseur du pavillon psychiatrique où elle travaillait, a déclaré devant le tribunal de Pau : « J’avais passé la journée à jouer à des jeux de guerre sur la playstation et à fumer des joints... Je me prenais pour Predator, je ne faisais que jouer à la playstation, j’étais coupé du monde ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au temps pour la « socialisation » et la « catharsis ». Cependant, diront encore certains, « vous prenez les cas extrêmes. Vous êtes de mauvaise foi. Vous allez trop loin. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour commencer, je demande à tous ceux-là de passer un moment - si possible bref - sur les jeux les plus violents, les Schmup en anglais (« shoot them up », flinguez-les), qui deviennent dans un français aseptisé « les jeux de tir classique ». Prenez Counterstrike ou le dernier en date, Halo 3, titre dont « le lancement connaît un succès sans précédent »  : Microsoft a engrangé 170 millions de dollars aux Etats-Unis 24 heures seulement après sa sortie. Dans ce jeu, le joueur incarne « masterchief » (le chef suprême), un soldat humain surpuissant qui doit éliminer le plus possible d’aliens (M. Le Pen traduirait par allogènes, M. Hortefeux trouverait un terme plus subtil), avec une quantité invraisemblable d’armes et de véhicules supersoniques. Le directeur marketing du distributeur spécialisé Micromania commente : « Il y a des complots, des manipulations génétiques, les bons d’un côté et les méchants de l’autre, c’est du pur Hollywood. » « Images en haute définition, réalisme et souci du détail, on a vraiment l’impression d’y être. » Ces jeux violents prolifèrent : ceux auxquels vous pouvez vous identifier à un terroriste aux abois, ou à un conducteur de véhicules qui tue systématiquement les passants et marque des points à chaque meurtre. L’imagination morbide des concepteurs n’a pas de limites. Clive Thompson, dans Wired, décrit ainsi l’esprit du joueur : « Je pensais difficile d’imaginer l’état mental d’un terroriste, jusqu’à ce que je joue sur Halo 3 online... J’y ai appris le goût de tuer des ennemis supérieurs en nombre en les attaquant sans craindre leurs balles pour finalement leur jeter une grenade avant de mourir, comme si j’agissais par-delà ma tombe. Ce n’est pas juste sacrifier sa vie pour tuer quelqu’un d’autre. C’est que j’aime exploiter la psychologie d’une guerre asymétrique. (sic) »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains, comme tel ou tel télévangéliste ou autre prêcheur, vont même jusqu’à inclure une pincée de religion dans le jeu. Ils espèrent pouvoir recruter des « âmes égarées » par l’intermédiaire d’Halo (New-York Times, version du Monde du 13 décembre, « les jeux violents attirent les jeunes vers un message d’amour », par Matt Richtel).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a aussi les jeux d’aventure par lesquels vous entrez dans un univers virtuel, et qui sont prévus pour que vous soyez immergés pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois dans ce « monde » - un vrai « trip » qui, pour être plus « vécu », s’accompagne souvent chez le « voyageur » d’une consommation de haschich.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres jeux encore, « des petites douceurs en ligne », selon Libération, visent à provoquer « une addiction »  : Splash Back, Desktop Tower Defense ou Endless Zombie Rampage, dans lequel il s’agit de « retapisser le sol de cervelles mortes vivantes ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un cas - les jeux les plus violents - il s’agit d’une mise en scène du suicide physique. Dans l’autre, celui du « trip », c’est un lent détachement du réel - un suicide mental. Dans tous les cas, le pratiquant s’isole dans une rage auto-destructrice, convaincu d’être de plus en plus lui-même au fur et à mesure qu’il s’éloigne de la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l’ont indiqué plusieurs responsables américains, et en particulier le lieutenant-colonel David Grossman, chargé de former les forces spéciales américaines et les agents du FBI (un connaisseur du sujet), ces jeux vidéo, en particulier les plus violents, sont un sous-produit de l’entraînement militaire et paramilitaire (interview du 24 mai dans Executive Intelligence Review). « Nous faisons de l’acte de tuer un réflexe conditionné, stimulus-réponse. C’est une désinhibition (...) A l’heure de vérité, le stimulus s’impose et les agents tirent sans pensée consciente. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous entraînement contrôlé, des limites sont mises (ou devraient l’être) à l’acte de tirer pour tuer. Dans les jeux vidéo, il n’y a pas de présence humaine et aucune limite n’existe. L’environnement de violence et d’images de la sous-culture abolit la différence entre virtuel et réel, et facilite le passage à l’acte. Ainsi, un tueur de 14 ans à Paduka (Kentucky) a tiré huit fois et est parvenu à toucher huit jeunes avec un pistolet calibre .22 (5 tirs à la tête, 3 au torse ; 3 tirs mortels) aussi bien que le plus qualifié des « professionnels ». Le nouveau facteur, nous dit Grossman, n’est pas que les armes soient disponibles, ce sont les jeux vidéo et les simulateurs de meurtre sur cible à apparence humaine. Aux meurtres de masse dans les lycées correspond ainsi les meurtres de masse des mercenaires de Blackwater ou de soldats « désinhibés » qui, en Irak, tirent sans hésiter sur des civils qui pourraient constituer une menace. Ces mercenaires et soldats sont le produit des mêmes jeux vidéo que ceux pratiqués par les jeunes enfants. La cause des meurtres est la même, elle est politique, elle découle d’une conception dans laquelle l’homme est assimilé à un animal dangereux, qu’il faut au besoin éliminer pour « assainir l’environnement ». Cela a un nom dans l’histoire, et l’histoire aujourd’hui, dans la désintégration financière et la dislocation sociale, se répète si nous n’intervenons pas pour en changer le cours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah ! Mais, direz-vous, les plates-formes de socialisation, comme MySpace ou Facebook, c’est autre chose. Là, on propose des « outils logiciels en ligne », gratuits et permettant aux inscrits de créer leur « profil » et d’établir ainsi des « liens » avec d’autres internautes (par email, en partageant des photos, en se regroupant par goûts ou croyances).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des « communautés » se constituent ainsi autour de centres d’intérêt. MySpace et Facebook hébergent les plus importantes. La première fédérerait 200 millions d’adeptes par mois ! Il s’agit donc d’un phénomène social « global » sans précédent : à la mondialisation financière correspond la « mondialisation sociale ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons-le tout de suite : les mêmes qui soutiennent les jeux vidéo violents contrôlent les plates-formes de socialisation. Ainsi, Microsoft a acheté 1,6 % du capital de Facebook créé par Mark Zuckerber, un étudiant de Harvard, en 2004. La somme versée, 240 millions de dollars, conduit à évaluer Facebook à... 15 milliards de dollars ! Quant à MySpace, il est actuellement contrôlé par le milliardaire Rupert Murdoch, qui a financé Tony Blair et soutient actuellement aux Etats-Unis la campagne présidentielle du républicain Rudolph Giuliani, qui a appliqué à la police new-yorkaise les techniques des jeux vidéo violents et appelle à un bombardement sans scrupules et immédiat de l’Iran. MySpace vient de s’allier à Google, le premier moteur de recherche mondial, et aux éditeurs de logiciels Oracle et Salesforce.com, les « challengers » de Microsoft.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’est donc constitué un empire à deux têtes d’internet, avec pour but de mettre toutes les images sur un même circuit. Ainsi, si la télévision était allumée pendant 16 heures par semaine il y a 25 ans, aujourd’hui on arrive à 34 heures pour tous les médias audiovisuels sur écran, et l’on pense arriver à 70 heures dans 5 à 10 ans, comme le montre une étude australienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les « plates-formes de socialisation »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que fait-on sur ces « plates-formes de socialisation » ainsi contrôlées ? On se branche sur des « amis » (friends). Friends, friends, friends, on se lance dans une quête anxieuse pour trouver la « bonne communauté d’amis à laquelle appartenir. Vous donnez votre nom, votre adresse, vos photographies (qui peuvent être retouchées et améliorées), votre date de naissance et vous faites part de vos opinions politiques, de vos croyances religieuses, de vos diplômes (Facebook s’adonne au « haut de gamme »), de vos « jobs », de votre statut relationnel (relationship status) : « célibataire ? » « engagé ? » « poursuivant une relation ? » « marié » ou bien « c’est plus compliqué ? » Vous voilà classé, étiqueté, et vous allez vous faire des amis, qui vous attendent partout, qui vous veulent tous du bien. Si vous voulez aller plus loin dans le virtuel, prenez un avatar dans Second Life et opérez dans un univers parallèle, avec une monnaie parallèle - le linden - et de vrais-faux avatars d’amis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier intérêt est de vous classer - jusqu’à vos préférences sexuelles - pour être le gibier des publicitaires. On arrive ainsi à une « finesse de ciblage » d’autant plus parfaite qu’elle est le produit des ciblés eux-mêmes. Ri-Pierce Grove, analyste de Datamonitor, explique pourquoi les géants du web s’intéressent tant aux communautés virtuelles : « Avec les liens sponsorisés de Google (mots-clés actuellement vendus aux annonceurs pour que leurs sites soient mis en valeur quand l’internaute lambda fait une recherche), les publicités vues par les internautes sont basées sur ce à quoi ils pensent. Avec les réseaux de socialisation, ils verront des réclames basées sur ce qu’ils sont. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, les plates-formes de socialisation sont un véritable « parc zoologique » pour publicitaires. Mais il y a pire. Marck Zuckerberg (le créateur de Facebook) a, selon Amaury du Duchet, du cabinet de conseil Faber Novel, « pour lubie de traduire le réseau de chaque individu par un social graph, une sorte de représentation matérielle, informatique, de tous ses liens sociaux, de toutes ses connexions avec d’autres individus ». Une sorte de super Big Brother, basé sur la servitude volontaire ! Votre petit moi narcissique, réduit à la solitude dans une société de services sans horizon collectif, est ainsi contrôlé par le bas, tandis que toute l’information disponible sur votre vie privée se trouve collectée par le « réseau ». Vous vous êtes détruits en tant qu’être humains, vous vous êtes jet&amp;amp;eacutes; en pâture, vous êtes devenus la chair à canon du système avec l’illusion de l’avoir fait en toute liberté. Vous êtes un pion exo-dirigé au sein d’une foule solitaire virtuelle, un « petit monde » bien au-delà de ce contre quoi le sociologue américain David Riesman avait mis en garde au milieu du XXe siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car ce qui est en jeu n’est pas nouveau. La tentative de mettre sous contrôle les êtres humains, en les réduisant à leurs émotions élémentaires et à des connexions, est aussi ancienne que le poète allemand Friedrich Schiller la décrit dans Le visionnaire ou Cervantes dans Le rétable des merveilles. Ce qui rend aujourd’hui la chose bien plus menaçante, c’est d’une part la mondialisation et d’autre part les moyens informatiques sur écran. La destruction de l’attention, de la concentration de l’esprit et du temps d’introspection est entreprise à une échelle de masse par les psychotechnologies, comme le dénonce Bernard Stiegler. Très bientôt, les téléphones portables deviendront, avec les iPod, des compagnons dont on ne pourra plus se débarrasser, auxquels une nouvelle génération aura été progressivement adaptée. Déjà, le Guardian du 5 novembre rapporte que l’Institut Mori, en Grande-Bretagne, a établi que 65 % des jeunes Anglais entre 16 et 18 ans sont « accros » aux communautés virtuelles, et 90 % au portable. Mettez les deux ensemble, et vous avez un camp de concentration mental sans larmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entends déjà, une fois de plus, les « vous allez trop loin ! On est libre, après tout. On est en démocratie ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Eh bien, c’est ici que nous devons aller encore un cran plus loin et examiner la nature même du cyberespace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, il n’y a pas de place pour la véritable création, pour la découverte de principes physiques ou la formulation d’hypothèses. En effet, vous êtes « classé » dans un système fixe, avec un ensemble d’axiomes fixes, où tout ce que vous faites prend place dans un système logico-déductif mécanique ou statique. Norbert Wiener, le père de la cybernétique, envisage des « machines intelligentes » ou Von Neumann une « intelligence artificielle ». Mais ces machines ou ces « intelligences » se heurtent à l’incapacité d’échapper aux limites dans lesquelles elles ont été conçues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les êtres humains qui raisonnent du point de vue de ce système n’ont aucune idée de comment passer à un autre ordre de choses, à un autre univers physique. C’est là qu’est tout le problème des universités et des économies actuelles, dans la manière de ne pas penser : les plus « intelligents » et les plus « formés », qui ont répondu à ce qui est exigé par les diplômes, administrent, au mieux, un monde fini ou, au pire, le détruisent par des manipulations financières ou des montages hyper-spéculatifs conçus avec des algorithmes. Non seulement ils en épuisent les ressources, mais ils nient le monde de la production à travers le prisme d’internet. A la limite, nous avons des économies sans production, l’entreprise sans usines de Serge Tchuruk, comme aux Etats-Unis ou en Europe occidentale, des économies ou 80 % des gens travaillent dans les services et où la production se trouve sous-traitée aux pays à bas salaires, dans lesquels la main-d’œuvre n’est pas formée à la découverte d’idées, mais à la réplication de tâches auparavant accomplies ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ici que l’univers des médias sur écran rencontre celui de l’ingénierie sociale, celui des manipulations de masse conçues par un Kurt Lewin, protecteur et professeur de George Shultz, qui suivit aussi les cours de Milton Friedman à Chicago. Ainsi Shultz, l’homme qui forma le gouvernement Bush (les fameux « Vulcains »), qui finança la chute d’Allende en 1973 et organisa l’élection de Schwarzenegger en Californie, se trouve directement impliqué dans ce monde informatique, médiatique et financier de « technologies créatives ». C’est là que se trouve le centre du nouveau fascisme, fondé sur la destruction, voulue et organisée, de la créativité humaine. Des individus dépolitisés et désocialisés seront ainsi conduits dans un monde sans avenir, comme les moutons de Panurge. Les tartines pseudo-philosophiques sur « la fin de l’histoire » découlent de cette manière d’abaisser l’homme, car l’histoire est en effet une suite de découvertes de principes en science, en art et en politique, qui ne peuvent être faites dans un monde virtualisé et désocialisé. Si l’on veut voir les choses plus crûment, on peut dire qu’il s’agit d’un processus de masturbation de masse, dans lequel le vice solitaire devient socialement suicidaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Fascisme » signifie ici le contrôle mental et policier d’un univers incapable de se reproduire lui-même, dans lequel la capacité d’agir socialement a été presque totalement détruite. Le premier pas vers le gouffre est la reproduction de la petitesse personnelle, le marketing de son ego : l’on voit ainsi MM. Delanoë et Bayrou, Mmes Anne Hidalgo, Dominique Voynet et Valérie Pécresse branchées sur Facebook, côté Cour. Côté jardin, les rejetons des familles Sellière, Bouygues, Fillon, Panafieu et autres Bolloré exhibent leurs photos de soirées éméchées et de vacances en tenue plus ou moins petite. « On a de belles vies, de belles fringues, de belles fêtes, de jolies gueules, alors on les montre, puisque c’est beau à regarder », dit Florence, 23 ans. Pour ceux-là, c’est le suicide intellectuel dans un corps cultivé à défaut d’idées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un cran plus loin, les BD, les mangas et la science-fiction jouent un rôle fondamental dans la « déréalisation » et la promotion d’un monde dominé par la « volonté de puissance » et la loi du plus fort. Predator, Robocop, Metroïd et Terminator occupent le terrain, dans un futur noir mais absorbable car traité en dérision. Qu’opposer à cet univers ? Là est la vraie question. Dénoncer ce contrôle social, ou le limiter, ne suffit pas. Certes, il faudrait exiger que la loi norvégienne ou québécoise, qui interdit le démarchage publicitaire des mineurs, soit appliquée partout. Certes, il faudrait limiter l’accès aux jeux vidéo violents - ou, mieux, les interdire - et à internet. On dispose aujourd’hui, si on voulait les mettre en œuvre, de filtres software qui permettent de le faire. Cependant, la question est politique. Les jeunes ont été volés de leur sens de l’histoire, et il faut le leur rendre en leur faisant revivre les grandes découvertes qui portent en elles un changement de système. Il faut leur redonner l’assurance qu’une intervention humaine peut changer les choses pour le mieux et alors, le meilleur les fera renoncer d’eux-mêmes à la pathologie du pire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelles idées sont nécessaires pour permettre que notre pays ait un futur ? Comment les partager ? Les faire renaître et les partager sont une seule et même chose, et c’est ce qu’a entrepris notre mouvement de jeunes. Notre site internet vise à briser la cage, en instaurant à travers le média lui-même un dialogue international sur la manière de procéder pour combattre l’injustice, pour sortir vivant et pensant de « son petit monde ». Car le vrai bonheur humain est de découvrir des principes universels, les partager et organiser toute la société pour qu’elle encourage à le faire. Là est le vrai leadership politique, celui qui inscrit l’idéal dans le réel, contre la prison destructrice du virtuel, contre l’habitude malsaine d’une quête de sensations sans objet et donc destructrice de l’autre et de soi-même.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Référendum au Vénézuéla le 2 décembre avec menace de coup d'état</title>
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    <pubDate>Mon, 26 Nov 2007 21:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>politique</category><category>referendum</category><category>venezuela</category>    
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